J’ai bien essayé de compter les moutons, de boire du thé, de me jeter à corps perdu dans un livre ; mais rien n’y a fait. J’ai mal à l’intérieur de ma tête. Mal dans la poitrine. Un putain de poids qui te comprime et t’empêche de respirer. Je n’aime plus me plaindre et croire que le bonheur est réservé aux autres. Je voudrai profiter, voir,apprendre et donner encore. Je voudrai des jours comme ceux qui se sont effacés. Des jours où se lever ne ressemble pas une énième punition. Où je pourrai bouffer le monde, tirer la langue et frissonner. Se souvenir de l’âge où les soucis sont couleurs mercurochrome et en garder l’envie d’y croire encore et toujours.

Dis, toi là, oui toi, ça t’arrive de claquer des doigts et de changer le décors qui t’entoure ? D’entendre une autre musique et de tout réinventer ? Même si tu sais que c’est pour de faux, même si tu sais que c’est stupide, tu le fais, dis ?

Je n’ai jamais compris les gens qui n’y croient plus. Ils m’ennuient. Ils m’emmerdent. Avec leur réalité crachée pour un oui, pour un non. Leurs conventions et valeurs. Un goût revendiqué pour l’à peu près. Parce que ça n’existe pas des gens parfaits. Privilégier le fond et non la forme. Le grand classique jamais respecté. Rien qu’à lire ça fait grincer des dents tellement c’est vu et revu. Alors à appliquer… Parfois je ne sais plus claquer des doigts. Je suis coincée malgré moi en face de ce p’tit bout de fille asphyxiée qui se demande pourquoi elle n’est pas entrain de rêver. Oui, la solution de facilité. Partir dans un sommeil comateux où tu ne contrôles plus rien. Où l’on ne te demande pas d’être le dernier canon de beauté une pomme dans l’estomac pour réussir a avoir tes fesses dans un 34/36 ; où on oublie de vouloir faire de toi un mélange de culture, de connaissances, d’initiative, d’humour. Un mélange de tout ce qu’il faudrait.

C’est vraiment con de savoir que t’es heureux. Que toi, tu as l’amour et tout et tout. Et d’être là. Tu aurais voulu aligner des mots remplis de sucre. Tu aurais voulu t’endormir au rythme des notes de musique.Seulement tu as le cœur bouffé par le sel. Tu en mets même sur les plaies.Alors voilà, juste pour envoyer se faire foutre les pensées torturées, je souris.

Et pour de vrai.

Voilà.

C’était pas si dur
.
En fait.

Des bouts de moi que j'vous envoie tout bas...quand on se voit
Les yeux qui brillent d'une petite fille qui grandit, je vis pour ça...




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