Trois. C’est le nombre de fois que je viens d’effacer les quelques lignes qui ont daigné noircir la fameuse page blanche.

J’ai l’impression que les mots vont finir par m’étouffer tellement ils sont bloqués juste au fond de ma gorge (oui en plus j'ai une angine). Je ne pense réellement à rien, et globalement à tout. Je n’ai pas moins de quatre chansons en tête et un nombre égal de sentiments.

C’est le foutoir, et même au bout de 16 ans, je n’ai toujours pas trouvé le temps de m’y habituer.

Et aujourd'hui un retour, après deux mois d'absence de blog.

A l'époque où je pouvais encore dire que j'étais petite - entendez par là celle où je pouvais encore dire et faire tout et n'importe quoi - l'idée de tenir un blog ne m'aurait même pas effleurée, vu la difficulté avec laquelle je tentais d'écrire un journal, et puis simplement parce que la vie ça ne s'écrit pas.

Mais bon elle quelque chose d’automatique et arrangeant parfois.

J’ai toujours su refouler les choses. Et quand ça ne va vraiment plus, je recrache tout d’un coup. C’est l’hécatombe, je pense à chaque fois que je ne vais pas m’en relever.

Parce que dans ces moments là, tu voudrais te taper la tête contre les murs de la salle de bain qui t’a trop de fois vue du mascara étalé sous les yeux. C’est peut-être un des seuls signes que tu veux bien voir ça. Parce que t’es une putain de menteuse ma petite. Même à toi et c’est pathétique. Mais le noir qui déborde, ça te dépasse. Parce que c’est un peu de ton déguisement qui s’en va. T’es accroupie près de la douche, tu as mal de partout et tu appelles celui qui est juste derrière la porte.

Seulement on a jamais appelé les autres avec des non-dits et des secrets.

Par exemple tu n’expliques pas à la demoiselle que si tu fais un blocage avec le jour J c’est parce que tu gâches toujours tout au final. Alors tu fais des appels. Des tas. Des sourires, des invit’, des plans sur la comète. Et puis rien. C’était joli d’y penser. Et c’est déjà assez précieux pour que tu t’en contentes.

Mais non-non. Comme tout le monde te dit : *c’est pas ça, la vie*.

Instinctivement, il y a un vieux MOUHAHA qui sort de ta bouche, parce que les phrases toutes faites ça t’a toujours fait rire. Mais au fond c’est juste parce que tu n’aimes pas avoir tord. Hein.

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